laurent dehors & matthew bourne
duo

Laurent Dehors : clarinette basse, clarinette Bb et Eb, clarinette contrebasse et cornemuse / Matthew Bourne : piano

À la sortie de Chansons d’amour (émv 1034) en 2012 on a senti comme une fêlure dans la trajectoire musicale de Laurent Dehors. Comme si, soudainement, il tombait le masque de l’exubérance parfois fantasque de certaines de ses interventions et consentait à nous livrer un pan jusque là caché de sa nature profonde, la part la plus sensible de lui-même.

« …dans tous les disques que j’ai faits il y a toujours un moment presque éthéré. C’est par pudeur que je n’en dévoilais pas davantage. Et là, grâce à Matthew, j’ai eu envie de présenter cette facette de moi même, plus intime… » me confiait-il dans l’entretien qui figure sur l’album précédemment cité.

Huit ans plus tard revoici Matthew Bourne et Laurent Dehors, plus que jamais complices, en situation de creuser plus encore l’exploration impressionniste de leur jardin secret. Aventure risquée mais forte de la confiance réciproque qui les animent.
Construite au fil du temps, la relation qui les unit aujourd’hui les entraîne vers ce dialogue unique, esquissé avec les Chansons d’amour, et qui trouve ici un heureux prolongement dans une forme de dépouillement qui frise le minimalisme. Une musique comme en apesanteur et en quête permanente de la note juste, la seule indispensable. Celle qui suscite l’émotion la plus vive, le frisson parfois et inscrit leur musique dans une sorte d’intemporalité dont on a le sentiment qu’elle est une poétique défense face à l’air, bien malade, du temps présent.

Il y a dans cette démarche qui affiche la volupté de prendre le temps, comme un choix de résistance à un emballement sociétal devenu insupportable et dont témoignent les successives versions de « Outré ». Le plus souvent se déploie la volonté assumée de conduire la large part improvisée de leur dialogue dans le sens de l’épure la plus fine, au travers d’un jeu subtil de voluptueuses nuances bien à même de nous toucher au cœur.

Des explorations de ce duo sensible et captivant, en constante communion quasi télépathique, on ne peut que s’émerveiller et goûter la délicatesse pudique avec laquelle il installe patiemment un climat d’une grande douceur, fragile et non dépourvu de sa part de mystère.

L’œuvre dévoile de fascinantes et irrésistibles facettes. Et, surtout, un univers très personnel qui s’impose comme une réussite majeure à ranger, et c’est un très sincère compliment, aux côtés de celle immortelle, de Paul Bley et de Jimmy Giuffre.

Jean-Paul Ricard

discographie

A PLACE THAT HAS NO MEMORY OF YOU

Sortie 2020
Label Emouvance – EMV 1043

CHANSONS D'AMOUR

Sortie 2012
Label Emouvance – EMV 1034

Le choix de L’Obs / Tops 6 Jazz News / Choc Jazz Magazine / Elu Citizen Jazz

presse

Le Choix de l’Obs’ par Bernard Loupias – 15 novembre 2012
Ame de Tous Dehors, son Big Band pataphysique, Laurent Dehors (clarinettes, saxophones) préfère d’ordinaire les grosses formations […] Mais ici, en duo avec Matthew Bourne, magnifique pianiste anglais qui parle couramment aussi bien le jazz que la musique dite contemporaine, il nous livre, sur un mode intimiste, une des plus belles leçons de clarinettes(s) et de musique qu’on ait entendues cette année.

JAZZ NEWS par Thierry Lepin – Top 6 de décembre 2012
Pas une parole et pourtant ces chansons d’amour résonnent longtemps encore par leurs fragrances poétiques. En dix-sept miniatures Laurent Dehors (clarinettes) et Matthew Bourne (piano) tissent un voyage intérieur bien loin des facéties et de l’impertinence qu’on leur connaît. Car le dialogue est judicieusement ludique. Tantôt lunaires, parfois charnelles, ces chansons bruissent de tous les sens de l’amour.

Choc Jazz Magazine / Jazzman par Ludovic Florin – Choc de novembre 2012
[…] le duo Bourne-Dehors propose avec « Chansons d’Amour » en dix-sept miniatures oscillant entre sourires malicieux – parfois presque enfantins – et mélancolie sans sinistrose, en autant de petites perles d’inventions. Car les palettes expressives, techniques et sonores de ces deux artistes effarent littéralement : piano-percussion, clarinette contre-basse qui swingue (BDK Theme), réminiscence / mise à distance de la cornemuse d’Albert Ayler (Scotch Missed) […] Voilà qui représente bien imparfaitement l’artisanat furieux des deux acolytes. « Chansons d’Amour » : un disque qui ne s’écoute pas la tête entre les mains, mais dont chaque réécoute délivre un peu plus de joie et de découvertes. Réjouissant !

Culture Jazz par Thierry Giard – Élu au Tourne-Disques d’octobre 2012
Matthew Bourne, un des pianistes les plus originaux de la scène britannique dialogue avec Laurent Dehors, musicien qui se moque des conventions, sans retenue le plus souvent… Mais ici, c’est tout autre chose. Dans le cadre « cosy » des studios La Buissonne, ils dessinent les contours de mélodies tendres ou acides, déglinguées ou finement brodées. […]

Élu CITIZEN JAZZ – décembre 2012
Si l’Amour pouvait être strictement musical, ce duo serait forcément une vraie histoire d’amour, forte, orageuse, résistant à tous les vents et à toutes les passions […] Avec cet album, ce verbe commun se révèle au plus pur et au plus cru. L’absence d’apprêt ne le rend que plus beau. […] Ces « Chansons d’Amour » exposent toutes les phases sensibles du sentiment amoureux : éloignement et cristallisation, accord parfait et dispute. Toutes ensemble, ou isolées pour mieux se voir approfondir.